Logo Journal L'Essor
2021 2020 2019 2018 2017 2016 2015 2014 2013
2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 + 100 ans d'archives !
Rechercher un seul mot dans les articles :
Article suivant Numéro suivant
Numéro précédent Article précédent   index de ce numéro

Avril 2021
Exutoires
Lu par : Rémy Cosandey

Exutoires
François Hainard, Editions du Roc, 2020

Exutoire? D’après le dictionnaire, ce mot a la définition suivante «Ce qui permet de se soulager, de se débarrasser (d’un besoin, d’une envie). La musique est un exutoire». Le titre du livre de François Hainard correspond bien à cette définition. En effet, le roman est basé sur la vie de Lydia, une femme qui n’arrive pas à communiquer avec son mari et le fils de celui-ci. Elle échappe aux difficultés du quotidien en se réfugiant dans la musique.

Roger, agriculteur de 62 ans qui ne songe qu’à agrandir son domaine et à posséder les machines les plus modernes, plonge peu à peu et sans s’en rendre compte dans l’alcoolisme. Son épouse, qui a 12 ans de moins, assume le mariage qu’elle a voulu mais doit faire face aux rêves brisés de son quotidien. Quant au fils, il sombre petit à petit dans une démence qui conduit à l’abjection.

Les personnages de François Hainard sont fictifs mais le roman se base sur un fait divers qui s’est déroulé dans la vallée de La Brévine, dans laquelle l’auteur a passé toute son enfance. Il souligne les dégâts provoqués par la solitude, les angoisses liées aux difficultés financières et les incompréhensions dues au manque de dialogue. Ce livre est assez effrayant car il met l’accent sur le fatalisme, la banalité du mal et la souffrance infligée ou subie. Il se termine tragiquement par un parricide (le fils pousse son père dans une citerne) et l’incendie criminel d’une ferme.

Malgré son côté sombre, Exutoires met en évidence les brillantes qualités littéraires de son auteur. Il démontre aussi sa parfaite connaissance du monde agricole (et les maux auxquels les agriculteurs sont confrontés) et son goût très marqué pour la musique. Bien que professeur à l’Université de Neuchâtel et directeur de l’Institut de sociologie pendant 25 ans, il utilise un vocabulaire accessible à tous les lecteurs.

Après Le Vent et le Silence (qui a obtenu le Prix Gasser en 2017 et traduit en allemand), ce deuxième roman de François Hainard est une réussite complète. On attend impatiemment son livre suivant qui se déroulera au Brésil.

Espace réservé : Rédaction
© Journal L'Essor 1905-2021   |   Reproduction autorisée avec mention de la source et annonce à la Rédaction  |       Corrections ?