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Décembre 2020
La voyageuse de nuit
Lu par : Marc Gabriel

La voyageuse de nuit
Laure Adler, Éditions Grasset, 2020
224 pages

Cette note de lecture mériterait presque d’être rangée au rayon des bonnes nouvelles! Laure Adler, journaliste, essayiste, productrice de radio et de télévision apporte avec ce livre joyeux et entraînant, de très bonnes nouvelles, de très bonnes raisons de vivre heureux. En ces temps difficiles pour tout le monde, je m’en serais voulu de ne pas partager avec les lecteurs de l’essor ce moment de «révolte heureuse».

Il s’agit de ce moment de la vie qu’on appelle la vieillesse, des vieux, des séniors, bref de celles et ceux qui en ont vu, celles et ceux qui, parvenus à l’âge où la société considère que leur seule utilité se résume à leur pouvoir d’achat, quand ils sont riches. Les vieux pauvres, c’est une autre catégorie. Quoiqu’il en soit, Laure Adler nous explique dans une langue légère et vive que vivre dans «cet étrange pays» qu’est le pays de la vieillesse peut être source de bonheur.

Avec franchise, Laure Adler explore ce pays, désormais le sien aussi, dans un voyage en quête d’expériences de «l’âge». Une sorte d’enquête en fait, où l’on trouve des gens comme vous et moi et quelques célébrités qui ont en commun d’avoir franchi les frontières tracées selon les âges. Pour n’en citer qu’une, ou plutôt qu’un, je vous renvoie aux pages 83 et suivantes où l’on croise dans un moment de grande lucidité un certain Edgar (Morin) en grande forme.

Difficile de ne pas reprendre cette phrase célèbre due à Picasso: «On met très longtemps à devenir jeune». Le ton est donné. Ce livre est salutaire et particulièrement si vous vous sentez vieux, rejeté, esseulé par le virus, mais pas que, si vous avez le sentiment diffus que vous essayez vainement de «peupler» votre inactivité forcée, bref si vous êtes un peu désillusionné, un tantinet mélancolique, faites-vous offrir ce parcours en compagnie de la voyageuse de nuit, experte en vieillesse heureuse, même si ça doit parfois passer par un peu d’indignation à la Stéphane Hessel flanquée d’une pincée de révolte justifiée, ça fait du bien, il n’y a aucune raison de vous en priver.

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