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Octobre 2019
Novlangue ou langue de bois?
Auteur : Rémy Cosandey

Pour atténuer le sens d’un mot, pour éviter de choquer son interlocuteur, on utilise des figures de style dont la plus courante est l’euphémisme. Définition du dictionnaire: adoucissement d’une expression jugée trop crue, déplaisante. Ainsi, on dit «Il nous a quittés» pour «Il est mort». On précise qu’il s’en est allé après une longue maladie pour ne pas dire qu’il était atteint du cancer. On parle de non-voyant et de malentendant à propos des aveugles et des sourds. On considère comme des pays en voie de développement des États qui sont en fait sous-développés. Un bombardement devient une frappe chirurgicale et le viol se transforme en un comportement inapproprié.

En politique, c’est encore pire. On utilise la novlangue à tout propos. On confond volontairement réforme avec régression, on dit fusillade à la place d’attentat, blessure au couteau au lieu d’égorgement, état d’urgence pour faire croire qu’on agit avec détermination. La novlangue ou la langue de bois? Toujours est-il qu’il devient de plus en plus difficile d’utiliser un langage qui dit clairement les choses et qui n’affaiblit pas le sens qu’on veut donner aux mots et aux phrases.

Rémy Cosandey

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