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Nous sommes face à un dilemme concernant l’IA, elle semble avoir tous les avantages mais au moment de les mettre en pratique, mille problèmes surgissent. D’ailleurs, nous nous rendons compte que l’IA, tout en prétendant nous faciliter la vie en permettant des progrès inouïs et « bluffants », en réalité nous la complique au point où nous nécessitons d’autant plus de ressources pour simplement la maîtriser. Elle laisse l’humain paumé, car il peut difficilement suivre ce progrès avec son cerveau très lent, par rapport à la performance infinie de l’IA.
Les modèles d’intelligence artificielle générative (IAG) sont dans une impasse. Depuis le lancement de ChatGPT, les progrès exponentiels de la technologie laissaient espérer l’avènement de machines à l’intelligence quasi humaine. Mais les doutes s’accumulent.
Les leaders de l’industrie promettent des gains de performance si importants et si rapides qu’une « intelligence artificielle générale » devrait bientôt émerger. Ils ont la conviction qu’il suffirait d’alimenter les modèles avec toujours plus de données et de puissance de calcul informatique pour qu’ils gagnent en capacité. Cette stratégie fait peur à de nombreux acteurs du secteur qui craignent que cela n’aille trop vite et que l’humanité se trouve dépassée.
« Nous augmentons la puissance de calcul mais nous n’en tirons pas d’amélioration intelligente », déclare Ben Horowitz, cofondateur de a16z. Orion, le dernier-né d’OpenAI, dépasse ses prédécesseurs. Mais « l’augmentation de la qualité a été bien moindre par rapport au bond entre GPT-3 et GPT-4 ». Plusieurs experts estiment que les lois d’échelle ont atteint leurs limites. Certains laboratoires se sont trop concentrés sur l’ajout d’un plus grand nombre de textes, pensant que la machine allait devenir de plus en plus intelligente.
L’usage de l’IA, que ce soit dans la recherche, l’enseignement, l’apprentissage ou l’administration, devrait obéir à des principes de légalité, d’intégrité académique, de transparence, d’économie et d’écologie. Mais, pour le moment, cela reste un voeu pieux. Ce n’est que dans l’espoir de susciter une adhésion et pour calmer les inquiétudes. Les cas de non-respect de ces principes, de fautes professionnelles, de fraudes et de plagiat sont courants et ils prennent une nouvelle dimension avec l’arrivée de l’IA générative.
Comme il est impossible et inapproprié de surveiller les faits et gestes de tout le monde, il faudrait compter sur la responsabilité de chacun d’être proactifs, de s’informer et de se former aux bonnes pratiques de l’IA. Là encore nous sommes face à des voeux pieux car, selon les initiateurs de l’IA, cela ralentirait son développement. C’est pourquoi ils refusent toute tentative de réglementation. Il est donc illusoire d’espérer l’avènement de « bonnes pratiques » car elles risquent de contrarier les « progrès » de l’IA…
De plus en plus, nous entendons parler du « règne de l'IA », ce qui suggère non seulement la domination de celle-ci mais surtout son imposition. Nous pouvons donc reprocher à l’IA d’être devenue un règne, soit une réalité incontournable qu’il faut accepter et admettre. On doit s’y adapter car l’IA est là quoiqu’il en soit et malgré tout.
Le comble de la démarche scientifique !
Or nous savons que nous devons investiguer à décharge et aussi à charge si nous voulons nous faire une opinion juste. La plupart des articles concernant l’IA sont en fait à décharge et ne contiennent aucun élément à charge. De ce fait, leurs propos ne sont que de la propagande pour nous amadouer, nous faire admettre cette IA et justifier l’envahissement quotidien de ces outils omniprésents, voire pesants.
La plupart des articles sur l’IA ne se donnent même pas la peine de voir plus loin que les constats, ne présentent aucune de ses conséquences sur la société et sur nous les humains. Ils restent dans un « factuel » laissant entendre que « ma foi, ainsi vont les choses, acceptes-le et adaptes-toi ».
Le débat serait donc clos ? L’IA sera bientôt si performante qu’on ne saura plus reconnaître si on a eu recours à elle ou pas. Le changement est si rapide que les règles et la juridiction ne suivent pas et on finira par accepter l’IA comme étant la norme. Malgré toutes les tentatives, aucune réglementation n’existe encore, ou alors très peu et mal formulée. En vérité, tout est entre les mains d’instances qui n’y voient que leurs intérêts propres.
La pratique de l’IA est déjà bien installée alors que le questionnement ne se fait pas. Le message de ces articles est clair: « utilisez les IAs avec notre bénédiction et que le meilleur pilleur gagne ». Car c’est un fait, l’IA pille ce qui a déjà été fait. Elle n’a pas d’imagination.
L’IA est donc cet outil réactionnaire, basé sur un fordisme créatif, sur l’automatisation et la standardisation de la production et sur une productivité poussée à fond avec des humains à son service. Il s’agit d’un processus qui vise à remplacer les humains dans les tâches qu’ils animent. Alors on ne peut parler de progrès. C’est un outil qui mène les individus au chômage au lieu de les amener à choisir leur travail… et le travail est déjà rare. Ce n’est plus alors un outil à notre service.
Conclusion: non seulement il faut lire entre les lignes de ces articles dithyrambiques pour déceler les problèmes que l’IA nous pose mais en plus, nous devons nous interroger sur où tout cela nous mènera-t-il. Une inspection et une interrogation profonde de nos motivations, de nos intentions cachées et inconscientes s’impose bel et bien…
Georges Tafelmacher, Pully