Logo Journal L'Essor
2006 2007 2008 2009 2010
2011 2012 2013 2014 2015
2016 2017 2018 2019 2020
2021 2022 2023 2024 2025
+ nos 100 ans d'archives, de 1905 à 2005 !
Rechercher un seul mot dans les articles :
Article suivant Numéro suivant
Numéro précédent Premier   index de ce numéro

Avril 2025
Déficit de démocratie, ou pas ?
Auteur : La Rédaction

Seuls ceux qui vivent la tête dans le sable ou séjournent depuis cinq ans au fin fond de la caverne de Platon peuvent ne pas avoir vu se répandre dans le monde ces dernières années le recul de la démocratie, la montée des populismes, la peur et le repli sur soi.

La réélection d’un Donald Trump en est une illustration flagrante, mais il n’y a pas qu’outre-Atlantique que ce phénomène se manifeste. On a pu l’imputer à la pandémie du Covid-19 puis aux guerres qui s’éternisaient ou se sont déclarées, mais le «malaise démocratique» n’est pas vieux que de cinq ans.

Il y a bien longtemps que l’on entend des gens dire: « Je ne vote pas: ça sert à rien ! ». Pourquoi cela ? On a envie de balayer ces commentaires d’un revers de main en considérant qu’ils ne sont –pour ceux qui les profèrent– qu’une piètre excuse à la paresse, au je-m’enfoutisme ou à l’inculture sociale ou politique. Mais ne serait-ce pas nous mettre nous aussi la tête dans le sable, dans ce cas ?

L’intérêt que nous avons porté récemment à l’Assemblée citoyenne (notre article en page 3) – dont notre bienveillance attentive envers cette expérience socio-politique – ainsi que la note de lecture de notre ami Rémy Cosandey (en page 11) dont l’auteur de l’ouvrage lu conclut que « Le système de milice représente l’aboutissement de la démocratie directe […] La politique appartient ainsi réellement à tout le monde », ont fait naître une lancinante petite question…

Si nous avons déjà en Suisse un système politique démocratique et bien représentatif de la population, pourquoi aurions-nous besoin alors d’assemblées supplémentaires ?

Nos nombreux parlements ne regorgent-ils pas de personnes engagées et représentatives de tous bords. Ne sommes-nous pas fiers de notre système de milice, chaque fois que nous pouvons admirer les portraits radieux et souriants des candidat·e·s de tous âges prêt·e·s à s’engager, qui briguent nos voix sur les dépliants électoraux ?

D’où vient alors le constat désabusé de nombre d’entre nous, évoqué plus haut, sur l’inutilité de voter ? Notre système démocratique serait-il –pour paraphraser Churchill– le « pire qui soit, à l’exception de tous les autres » ? Comment revivifier, voire faire évoluer la démocratie afin qu’elle serve de mieux en mieux les intérêts légitimes de tous et qu’elle continue –on en aura besoin– de protèger nos droits fondamentaux ?

Nous nous posons la question, sans détenir de réponse. Mais à l’heure où la démocratie semble fondre un peu partout plus vite que nos glaciers, la question nous titille. Et vous, qu’en pensez-vous ?

La Rédaction

Espace Rédaction    intranet
© Journal L'Essor 1905—2025   |   Reproduction autorisée avec mention de la source et annonce à la Rédaction  |       Corrections ?