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Février 2021
Vive VUCA comme panacée!
Auteur : Edith Samba

Dans notre situation d’aujourd’hui, caractérisée par un chaos multilatéral qui nous assaille au quotidien, chacun doit faire face, à la fois à un gros travail d’adaptations de tous nos gestes quotidiens, se renseigner tout azimut dans tous les domaines, et tenter de se faire une opinion parmi une myriade de possibilités. Préserver un minimum de cohérence dans ce capharnaüm relève d’une rare gageure. Naviguer entre informations plus ou moins sensées, parmi mensonges d’Etats et trompettes marchandes sans perdre ses dernières bribes de latin devient un exercice épuisant. Pas étonnant que les trois générations se noient dans l’incertitude, la solitude et les souffrances face à tant de défis.

Pour illustrer ces dilemmes, je suis tombée sur un principe tout à fait révélateur appelé VUCA. Basé sur une notion d’abord purement militaire, il cherche à se faire connaître dans les entreprises et leur technique de gouvernance à appliquer sur leur troupe d’employés pour survivre dans le monde d’aujourd’hui.

Ses quatre caractéristiques sont la Volatilité, l’Incertitude (Uncertainty en anglais), la Complexité, et l’Ambiguïté: belle définition du terrain actuel! Ainsi, Il est demandé à chacun de se former en permanence, pour se faire plusieurs places au soleil dans sa vie professionnelle, en se basant non pas sur ce qu’on sait faire, mais sur ce qu’on pourrait faire. Autant dire que le choix de son parcours s’annonce bien aléatoire, pour coller à la réalité de l’économie actuelle. Comme il nous est dit que les métiers de demain ne sont pas encore connus, et que les anciens vont disparaître, on est censé se préparer à naviguer à vue sur des vagues multiples, encore inconnues dans leur dimension et leur direction. Une fois de plus, l’économie avance tête baissée, sur la base d’opportunités souvent créées de toutes pièces et c’est à l’ensemble de la population de s’adapter. On se sent tout de suite beaucoup plus rassuré.

En d’autres termes, l’expérience d’un terrain particulier comme l’agriculture, l’installation sanitaire, l’électricité, par exemple, acquise durant des années et qui s’est adaptée en permanence aux nouvelles techniques n’est plus franchement valorisée, devant aussi se former en comptabilité, en marketing, en statistiques et autres. Ainsi, le quotidien de chacun va se complexifier encore, avec le temps et l’énergie énormes à y consacrer. Pour les générations à venir, il n’est non plus vraiment pas simple de se projeter: je les plains très sincèrement et ne suis pas franchement étonnée qu’elles se lancent essentiellement dans le numérique, les arts et les sciences sociales. De là à penser qu’elles y trouveront tous une place est pour le moins hypothétique.

Heureusement qu’il nous reste encore, comme arme de défense active et passive, un solide bon sens, les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, le ressourcement dans la nature et dans ses rêves pour bien s’amarrer et garder la tête froide dans ce grand bazar.

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