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Août 2020
Forêt cherche respirateur (pas trop) artificiel!
Auteur : Marc Gabriel

La fulgurante propagation du coronavirus a montré que les frontières n’existaient plus et que chaque pays dépendait des autres. La pandémie qui a touché des millions de personnes et provoqué la mort de plusieurs centaines de milliers d’entre elles prouve que les problèmes doivent être résolus à l’échelle planétaire. De ce fait, l’article de Marc Gabriel prend tout son sens et s’intègre parfaitement au thème de ce forum.

Une courte majorité du peuple brésilien a porté au pouvoir un dingue irresponsable et nostalgique de la dictature; c’est ainsi, nous n’y pouvons rien. Pourtant, j’attends de la communauté internationale qu’elle réagisse. Non pas tant que le choix des Brésiliens pour ce triste personnage ne nous sied guère, mais il faut bien constater que Bolsonaro est un épouvantable «écocidaire» doublé d’un dangereux criminel. Lui, ses ministres, les parlementaires et fonctionnaires corrompus qui soutiennent son régime, tous ces tristes sires donc, doivent être condamnés par la communauté internationale pour crime contre l’humanité! Mais, surtout il faut intervenir pour préserver et sauver ce qui reste de la forêt amazonienne car ils la détruisent, sciemment, pour leurs seuls bénéfices personnels, la plupart du temps en y boutant le feu. Si j’évoque le crime contre l’humanité, c’est parce qu’en détruisant ce qu’on appelle souvent le poumon de la planète, ce pseudo-président et ses sbires attaquent directement l’humanité.

Le monde connaît depuis longtemps les lois et les usages internationaux qui gouvernent les espaces maritimes, ou le continent austral. Comme pour les mers et les océans où l’on distingue les eaux territoriales des eaux internationales, ou comme l’Antarctique, sanctuarisé et réservé à l’exploration et à l’expérimentation scientifique, la forêt amazonienne devrait être soustraite aux pays qui la bordent et soumises aux réglementations maritimes. Ainsi chaque pays concerné, (Guyana, Surinam, Guyane française, Brésil, Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie et Venezuela), à l’instar des mers et des océans, feraient ce que bon leur semble sur 12 milles nautiques (un peu plus de 22 km) à partir de la lisière de la forêt située dans leurs territoires respectifs. Tout le reste de la forêt doit être immédiatement confié à un organisme international, préservé en l’état, soigné, surveillé et entretenu sans autre espérance que son maintien en condition idoine. Les exploitations minières, agricoles ou autres sises dans ce territoire doivent cesser leurs activités sans attendre et être interdites. Seuls les peuples amazoniens ancestraux y resteraient et y vivraient selon leurs us et coutumes, sous protection de l’ONU. Comme pour l’Antarctique, les scientifiques de la communauté internationale pourraient y faire des observations pour le compte de l’humanité entière et non pour le bénéfice des actionnaires des «big pharmas» qui volent aux Indiens de l’Amazonie leurs connaissances immémoriales qu’elles convertissent impunément en juteux brevets.

Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas.
– Proverbe amérindien

L’Amazonie est un «océan vert»

Il faut traiter l’Amazonie comme n’importe quel océan bordé de plusieurs États et ne pas la laisser à la merci de quelques avides dictateurs lobotomisés et incompétents. Il en va de la responsabilité humaine. Nous n’avons pas le droit d’abandonner au bon vouloir de ces criminels ce trésor planétaire qui nous soigne et nous protège malgré notre épaisse ingratitude. Tant pis pour les autonomies nationales et pour les dictatures d’un autre âge! Vive le devoir d’intervention au nom de la planète. Les peuples des pays concernés remercieront la communauté internationale – et nous avec – d’avoir épargné au monde une catastrophe incommensurable. Comble des combles: d’une main le pseudo président tient une allumette tandis que de l’autre, il accuse les ONG. En attendant, il faut que les États dits civilisés s’emparent de ce problème et agissent vite, très vite… L’Amazonie aurait perdu 1345 Km carrés (plus de 2 fois la superficie d’une ville comme Tokyo) en un mois (juillet 2019). L’équivalent de 3 terrains de foot disparaîtraient chaque minute…

Alors, Mesdames et Messieurs les diplomates, avocates et avocats et autres juristes internationaux de tout poil, bardés de diplômes, de doctorats divers et variés, sortez vos recueils de lois, ce qu’il vous reste de bon sens et toute votre intelligence et allez-y… Rendez son poumon au monde. Si vous ne le faites pas, vous finirez par manquer d’air, vous cesserez de respirer et nous aussi. C’est vous qui voyez…

Marc Gabriel

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