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Août 2020
Oui à la défense nationale, mais autrement!
Auteur : Rémy Cosandey

Le 27 septembre prochain, le peuple suisse sera appelé à accepter ou à refuser un crédit de 6 milliards de francs pour l’achat de nouveaux avions militaires (en réalité 18 à 24 milliards si l’on tient compte de l’entretien des appareils pendant 30 ans). Mais il ne pourra pas se prononcer sur le nombre d’avions ni sur le type choisi.

À l’heure où la Confédération doit dépenser des dizaines de milliards de francs pour redresser l’économie à la suite de la pandémie du coronavirus, au moment où les collectivités publiques vont manquer d’argent en raison de la très nette baisse des rentrées fiscales, les dépenses militaires envisagées sont tout simplement indécentes.

Il faut cesser de prendre les Suisses pour des moutons et de leur faire croire que le pays doit se défendre militairement. Contre qui? Nos voisins, l’Allemagne, l’Italie, la France et l’Autriche, ne manifestent pas la moindre velléité d’invasion. A moins qu’on ait peur du petit Liechtenstein! Il faut bien sûr assurer la sécurité de l’espace aérien du pays mais, pour cela, il n’est pas nécessaire de disposer d’avions valant chacun plusieurs dizaines de millions de francs. La conseillère fédérale Viola Amherd est sympathique mais elle se trompe complètement lorsqu’elle prétend qu’il n’y a pas de plan B. Ce serait pourtant si simple: il suffirait de revoir à la baisse le nombre et le coût des avions.

Il est indispensable de consacrer une partie des dépenses de l’armée pour faire face à des dangers bien réels: les épidémies, les cyberattaques, les catastrophes naturelles. Ce n’est pas avec des avions de combat ou des chars d’assaut qu’on stoppera le Covid-19, qu’on se protégera de ceux qui veulent détraquer notre système informatique ou qu’on rebâtira les maisons qui ont été emportées par des glissements de terrain ou des avalanches.

En 2019, le monde a consacré 1917 milliards de dollars en dépenses militaires. Avec une petite partie de cet argent, on aurait pu éradiquer la plupart des maladies qui déciment la population de certains pays (par exemple la lèpre). Malheureusement, la plupart des gouvernements sont davantage préoccupés de faire joujou avec des armes que de penser à la santé de leur peuple.

Une bonne nouvelle pour terminer: le Conseil national, grâce aux voix de la gauche et d’une partie du PDC, a renoncé à durcir les conditions d’admission dans le service civil. Les milliers de civilistes suisses jouent un rôle très important, tant dans la santé que dans le social et la culture. Pendant la pandémie du Covid-19, on a pu apprécier leur engagement et leur efficacité.

Rémy Cosandey

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