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Juin 2020
Du sang sous les acacias
Lu par : Gloria Barbezat

Du sang sous les acacias
Bernadette Richard
Éditions Favre
2019

«La cruauté envers les animaux est la violation d’un devoir de l’homme envers lui-même».
C’est par cette citation d’Emmanuel Kant que Bernadette Richard ouvre son roman thriller. Le lecteur est de suite captivé par un récit se déroulant en Tanzanie, en Suisse et à Paris. Des crimes sanguinaires sont perpétrés contre des hippopotames dans une réserve animalière en Tanzanie consistant à prélever le cœur de ces animaux après leur avoir appliqué un anesthésiant puissant. L’animal s’affale sans défense, il n’y a plus qu’à ouvrir sa poitrine et soutirer l’organe encore palpitant.

Les personnes qui s’occupent de la réserve ne comprennent pas ces agissements, c’est la faute à l’homme, cette barbarie. Les responsables font appel à des spécialistes européens qui sont envoyés sur place par un organisme international pour la préservation des espèces sauvages en danger.

Avec ses secrets, ses mirages, ses paysages torrides décrits avec subtilité et justesse, la grande savane est ensanglantée. C’est ainsi que trouvent les envoyés spéciaux, un flic et son aide, cet immense espace où les animaux sont les maîtres et les humains de simples intervenants. L’équipe est secondée par une biologiste parisienne «embijoutée» qui partage sa vie avec un boa femelle, nommée Attila, et un chat persan, Lord Byron. Une journaliste américaine joint le groupe d’enquêteurs accompagnée de l’inséparable Platon, un bouledogue français. Tout ce petit monde loge et enquête dans la réserve et partage la vie des gens qui y travaillent entourés par des animaux sauvages en liberté.

Le mystère autour des hippopotames trucidés est présent par la dimension émotionnelle du contexte. Une secte serait-elle à l’origine de cette folie meurtrière? Arracher des cœurs, en offrande, c’est arracher des vies et les sentiments avec, pour redonner la vie dans un au-delà irréel?

L’auteure nous conduit pas à pas dans le récit, le lecteur se sent partie intégrante de l’enquête pleine d’ombres et de suspense. Avec humour et discrétion, elle nous invite à nous fondre dans l’intrigue, autant à suivre la recherche du ou des coupables qu’à admirer les berges du fleuve où les éléphants se désaltèrent «dans la lumière dorée virant au rouille, puis au bleu qui effaçait patiemment la flamboyance du coucher de soleil».

Une belle amitié naît entre Platon, curieux et hardi, et un groupe d’hippopotames protecteurs. Les chiens sont très doués pour comprendre les comportements sociaux, en plus, ils sont connectés émotionnellement à leurs maîtres. Alors que l’enquête n’avance pas, dans le cercle fermé de la réserve d’autres agressions meurtrières contre des hippopotames ont lieu. Platon a vu le meurtrier un soir où il sentait ses amis «hippos» en danger.

Alors, comment faire sortir ces humains de leurs paperasses et de leurs problèmes existentiels?
Seul Platon sait qui a fait du mal à ses amis les «hippos». Seul Lord Byron, le chat persan extralucide, sait où se cache Attila, le boa femelle présumée errer dans les rues de Paris.

Un livre fascinant par son langage poétique et coloré où les animaux ont une place privilégiée et au dénouement inattendu.

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