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Juin 2019    [56]
Qualité et efficacité ? La prise de position d’Alliance Sud
Auteur : Alliance Sud

Alliance sud est le nom d’une communauté de travail réunissant les organisations suivantes :

Swissaid, Action de carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper.

Avec le lancement de la consultation sur la coopération internationale 2021-2024, Cette entité a résumé les principes sur lesquels repose une coopération au développement de qualité et efficace.

Le papier de position d'Alliance Sud «Coopération au développement de la Suisse» énonce clairement un certain nombre de revendications clés.

Les revendications d’Alliance Sud en un coup d’œil

La Suisse doit améliorer sa cohérence politique pour le développement durable. Pour cela tous les domaines politiques qui ont des répercussions sur les pays en développement doivent être conçus d’une façon pro-développement.

La coopération au développement de la Suisse doit continuer à s’inspirer de son mandat constitutionnel fondamental et des principes juridiques qui en découlent – notamment le mandat de diminuer la détresse et la pauvreté.

Dans sa conception concrète, la coopération au développement de la Suisse doit veiller à faire avancer plusieurs objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable, sans risquer de reculer dans la mise en œuvre d’autres objectifs.

Le vice inhérent au capitalisme, c’est le partage inéquitable des biens; la vertu inhérente au socialisme, c’est le partage équitable des maux.
– Winston Churchill

Dans les pays pauvres, la coopération au développement doit contribuer encore plus que maintenant à la réduction des inégalités et à l’amélioration des perspectives de vie sur place, en promouvant le développement rural, l’accès à l’éducation et à la santé et la bonne gouvernance. Elle vise pour cela les besoins des plus pauvres et marginalisés.

Dans la conception de sa coopération au développement, la Suisse doit suivre une approche fondée sur les droits.

La coopération suisse au développement doit rechercher davantage la coopération avec des organisations non gouvernementales (ONG) locales et des organisations communautaires de base. Notamment dans les pays avec des régimes autoritaires, elle contribue ainsi à créer un contrepoids de la société civile qui peut contribuer à des processus de décision politique plus inclusifs.

Les critères d’engagement dans un pays doivent s’inspirer du niveau de développement de ce pays (HDI – Human Development Index, de l’ONU). Les pays avec un niveau de développement bas doivent être prioritaires. Dans les pays émergents, la coopération au développement de la Suisse doit s’engager surtout sous forme de dialogue politique pour favoriser ici aussi des processus de développement participatifs et inclusifs, le respect des droits humains et la garantie d’un large champ d’action pour les ONG.

La Suisse doit gérer la migration par des interventions ciblées, afin qu’aucun pays ne soit débordé, que les personnes concernées en tirent le plus grand bénéfice en termes de développement et surtout que les droits des migrantes et des migrants soient protégés.

La Suisse doit continuer son partenariat reconnu entre les acteurs étatiques de la coopération suisse au développement et les organisations privées suisses de développement et les construit sur le principe de la complémentarité géographique et thématique.

Les partenariats entre les acteurs de la coopération internationale et le secteur privé doivent s’adresser d’abord aux petites et moyennes entreprises (PME) locales. Ils doivent viser le bénéfice social dans les pays en développement, la création d’emplois dignes et durables et remplir les standards les plus élevés en matière de droits humains et de protection de l’environnement.

La Suisse doit augmenter ses dépenses pour l’aide publique au développement (APD) à 0.7% du revenu national brut.

La Suisse ne doit plus imputer les coûts d’hébergement et de prise en charge des requérantes et requérants d’asile à l’APD.

Pour aider quelqu’un, l’aider vraiment, il faut prendre des risques, mettre sa tranquillité en danger.
– Dominique Muller, Les Filles prodigues

La Suisse doit créer des sources publiques de financement du climat innovantes et selon le principe du pollueur – payeur afin de fournir aux pays en développement une contribution équitable à l’atténuation du changement climatique et surtout à l’adaptation à ses conséquences.

Par sa contribution à des processus de consultation politique internes à l’administration et aux processus de co-rapport, les acteurs de la coopération suisse au développement doivent veiller à ce que les décisions prises soient cohérentes du point de vue du développement durable.

Les acteurs suisses du développement doivent continuer à investir – en collaboration avec les ONG suisses et la science – dans la mesure de l’impact. Les méthodes quantitatives et qualitatives ainsi que les méthodes axées sur les résultats et l'impact doivent se compléter et être combinées.

À la lecture de cette prise de position, on comprend que les intervenants concernés ont mené une vaste réflexion sur l’ensemble de leur action et la situe déjà dans le cadre des défis environnementaux qui nous concernent tous. On ne peut que soutenir leurs revendications, tant il est vrai que, comme l’aurait dit si bien Martin Luther-King : « nous devons apprendre à vivre tous ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des imbéciles. ».

La Rédaction & communiqué

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