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En Suisse, nous n’avons pas pour habitude de «donner de la voix» dans la rue à la moindre occasion, et on ne voit pas non plus de hordes en colère vociférant au pied de nos parlements. Nous ne sommes pas la France, dira-t-on, et les violentes révoltes comme celle du 6 janvier 2021 au Capitole américain nous semblent impossibles ici.
Peut-être est-ce parce que nous, les Suisses, sommes régulièrement invités – au moins quatre fois par an – à «donner nos voix» d’une autre manière ?
Nos traditions de démocratie, de fédéralisme et de régionalisme sont certes bien ancrées. Les dates des prochaines votations sont même déjà fixées pour les 20 prochaines années ! Ne sommes-nous pas ainsi certains que tout pourra sans risque continuer comme avant ?
non ? Pour preuve, l’intéressant résultat de la récente initiative populaire «Pour une économie responsable respectant les limites planétaires».
Balayée par plus des 2/3 d’entre nous, elle nous a donné une carte de Suisse entièrement colorée d’un «Non» incontestable. Vous ne pouvez même pas vous consoler en le qualifiant de «Nein», si vous avez voté «oui», vu que les cantons romands sont à peine plus pâles que les autres sur la carte. Certes, vous ne pouvez pas simplement vous réjouir de votre démocratie quand vous avez «gagné»… pour ensuite vous en plaindre quand un résultat vous déplaît.
Et d’aucuns diront: « cent fois sur le métier…» en se rappelant que les avancées dans notre pays mettent du temps à se concrétiser, qu’elles soient environnementales, sociales ou autres. (Vote des femmes ? AVS ? Service civil ?) C’est le prix à payer, dans une démocratie solide. Mais parfois, quand même, un résultat peut faire sourire, à défaut de réjouir. Pensons-nous pouvoir – nous, les votants suisses – avoir raison envers et contre tout… même lorsqu’il s’agit des limites planétaires ?
Concrètement, le «non» des urnes peut aussi signifier: « Respecter les limites planétaires ? Euh, oui, oui… mais PAS COMME ÇA ».
Peut-être… mais quand même: le monde change, quoique l’on vote ! La biosphère se dégrade, la 6e grande extinction des espèces est en cours, les populismes montent, les ressources s’amenuisent. Non seulement la Chine veut récupérer Taïwan (ça, on le savait), mais les États-Unis veulent maintenant annexer toute l’Amérique du Nord ! Des guerres éclatent et éclateront.
Gardons courage, mais sans rêver. Les limites planétaires se rappellent à nous, que nous ayons voté oui, non, ou pas du tout. Ne nous faisons pas d’illusions.
La Rédaction