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Août 2019    [1]
Le vrai criminel, c’est Matteo Salvini
Auteur : Rémy Cosandey et Alain Guillez

Le vrai criminel, c’est Matteo Salvini

Chaque année, des centaines de milliers d’Africains, fuyant la misère et la violence, cherchent à se réfugier en Europe. Et chaque année aussi, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se noient dans la Méditerranée, victimes de passeurs sans scrupule et de gouvernements cloîtrés dans leurs bureaux climatisés.

Face à des politiciens qui placent l’Europe, et surtout l’Italie, en dehors du droit international, des humanitaires osent se rebeller. C’est le cas notamment de Carola Rackete, jeune capitaine du Sea Watch 3, qui a forcé le blocus de l’île de Lampedusa pour débarquer des migrants à bout de forces et qui n’avaient pas d’autres choix que le retour en Afrique (dans des conditions épouvantables) ou la mort par noyade.

Carola Rackete – et avant elle Pia Klemp – a contribué à sauver de nombreux migrants, faisant honneur au continent européen. Cela ne fut pas du goût de Matteo Salvini, le ministre italien de l’intérieur, qui, fidèle à ses convictions d’extrême droite, a accusé la capitaine de bateau de rébellion militaire et l’a traitée de criminelle.

En réalité, le vrai criminel, c’est Matteo Salvini lui-même. Alors qu’il prétend défendre une Europe chrétienne, il se conduit comme le dernier des mécréants. Ecoutons à ce sujet le politologue Olivier Roy: «Matteo Salvini est divorcé et ne va pas à l’Eglise. Les partis nationalistes brandissent le christianisme contre l’islam et les immigrés, mais ceux qui les soutiennent ne réalisent pas que leur défense de l’identité chrétienne contribue plus encore à la déchristianisation de l’Europe». En un mot, Olivier Roy affirme que pour se revendiquer d’une identité chrétienne, il faut se référer aux valeurs chrétiennes. Et, il faut le répéter, le christianisme implique notamment la tolérance, l’amour du prochain et l’accueil de l’étranger, qualités dont Matteo Salvini est totalement dépourvu.

Mais revenons à l’action de Carola Rackete. Les conventions internationales imposent le débarquement en lieu sûr des personnes secourues en mer. Mais les gouvernements, par lâcheté, préfèrent condamner les sauvetages en mer et entraîner les garde-côtes libyens qui traquent et torturent les fugitifs sous prétexte de lutter contre les trafics. En voulant épargner des conflits à l’Europe, ils les aiguisent et détruisent leur propre avenir.

Le comité européen contre la criminalisation du sauvetage en mer (CECCSM) lance un appel: «Battons-nous pour libérer Carola Rackete et Pia Klemp et rejoignons-les dans leur combat qui s’amplifie. Il est certes difficile mais les enjeux sont incontestables: contre l’arbitraire, contre l’hystérie xénophobe et le racisme, pour le droit, pour la vie humaine, pour l’hospitalité et aux côtés de tous ceux qui la font vivre. Ne restons pas spectateurs.»

Rémy Cosandey
et Alain Guillez

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