Logo Journal L'Essor
2018 2017 2016 2015 2014 2013 2012 2011
2010 2009 2008 2007 2006 et 100 ans d'archives !
Rechercher un seul mot dans les articles :
Article suivant Dernier
Numéro précédent Article précédent   index de ce numéro

Décembre 2018    [66]
Une belle utopie qui fonctionne: la Codha
Auteur : Edith Samba

Créer un habitat écologique, participatif et bon marché, telle a été l’idée de départ de la coopérative de l’habitat associatif (Codha). Fondée en 1994 à Genève, un petit groupe de militants, rêvant depuis quelques temps déjà de cette démarche, a décidé de transformer cette utopie en réalité. Aujourd’hui, avec plus de 300 logements, en terre genevoise puis vaudoise et même française, cette association à but non-lucratif se développe sur un terrain de plus en plus propice à cette façon d’habiter ensemble. Le principe repose sur le fait qu’un logement n’est pas qu’une cellule individuelle ou familiale fermée sur elle-même, mais un partage de lieux communs, buanderie, espaces de rencontres, ateliers, jardins organisés, gérés selon des règles fixées par l’ensemble des locataires. Chacun garde une ou plusieurs pièces-cuisine dans sa zone personnelle. Plusieurs groupes y travaillent, selon leurs centres d’intérêts, et en discutent tous ensemble, aidés par l’association à pérenniser leurs aspirations.

En sortant actuellement 12 immeubles, rachetés ou construits, du marché immobilier spéculatif, ce mode de gestion permet aux nouveaux habitants de s’insérer dans son fonctionnement, avec des loyers raisonnables correspondant aux coûts effectifs. Avec des choix écologiques concertés, l’ambiance est empreinte de convivialité et d’entraide. Ces expériences d’habitats communautaires que l’on peut retrouver dans toutes sortes de coopératives invitent à des liens intergénérationnels enrichissants et variés.

Face aux augmentations des loyers devenus insupportables pour de nombreux habitants, toutes ces initiatives de logements différents, de colocation, de coopérative, de squat sont appelées à se multiplier selon des formes qui permettent à la fois de favoriser l’entraide et préserver une intimité personnelle ou familiale dignes de ce nom. Pour les étudiants, c’est un excellent apprentissage de vie associative, parfois difficile, mais souvent enthousiasmant. On constate aussi que pour les seniors, cette solution peut se révéler fort judicieuse, dans la mesure où les personnes sont totalement partie prenante et trouvent goût à l’exercice. Pour les familles avec enfants, une foule de petits aménagements peuvent se trouver, comme partager des véhicules, acheter en gros, garder les enfants. En se mobilisant ensemble pour réaliser nos rêves, il n’y a pas de doute, nous sommes plus courageux et inventifs pour y parvenir.

Edith Samba

Espace réservé : Rédaction
© Journal L'Essor 1905-2017   |   Reproduction autorisée avec mention de la source et annonce à la Rédaction  |       Corrections ?