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Juin 2017 
Comment Swisscom trompe le service public!
Auteur : Comité rédactionnel

Nous pensions naïvement que Swisscom appartenait majoritairement à la Confédération, donc à nous. Déjà, avoir séparé la Poste des télécommunications, c’est-à-dire avoir mis les gros bénéfices d’un côté et les petits déficits de l’autre, au prétexte de rentabilité, nous avait alerté et nous nous sommes tous inquiétés de ces offices qui ferment. Nous n’avons pas dit grand chose. Nos villages ont tous perdu leur Poste et nous n’avons que très peu protesté. La Poste nous explique qu’elle doit être rentable. Personne n’a jamais demandé pourquoi? Est-ce que dans le pays le plus riche du monde on ne peut pas envisager de ne pas gagner du pognon avec un service public.

« Ah mais, c’est que voyez-vous, nous avons ouvert le service postal à la concurrence et ainsi nous ferons baisser les prix » C’est un gros mensonge! C’est comme les caisses maladie: non seulement la concurrence n’a fait que concourir à l’augmentation des primes, mais encore elle a très nettement fait baisser la qualité des soins au prétexte d’économie… pour ne pas trop renchérir les primes!

Cette chère Poste facture 1 fr. 90 (selon Swisscom) tout paiement effectué dans un bureau de poste. Et ce depuis longtemps. Mais ça ne se voyait pas, parce qu’avant Internet, tout le monde faisait ses paiements à la Poste. En revanche, depuis que le client fait lui-même le boulot, avec son électricité, son ordinateur et son temps, Swisscom a décidé de facturer 1 fr. 90 à ceux qui continuent d’aller au guichet. C’est tout simplement scandaleux! D’abord parce que beaucoup de gens n’ont pas accès à Internet, ensuite parce que cette taxe était déjà calculée dans les prix de Swisscom. C’est la démonstration de l’avidité insupportable de cette entreprise qui est censée être à notre service! De plus, ça concourt à la diminution de la nécessité d’un bureau de poste; en privant les guichetiers de travail, on les licencie. Le prétexte pour fermer des bureaux de poste est tout trouvé! Citoyens, révoltez-vous et allez payer vos factures à la poste et les frais facturés devraient être versés à part, chez un notaire, histoire de ne pas tomber dans les griffes du contentieux de Swisscom qui vient par ailleurs de décider unilatéralement que les frais de rappel passent de 20 à 30 francs.

Qu’un village crève sans sa Poste, les conseillers nationaux (qui ne nous représentent plus, sauf au moment de se faire élire) n’en ont rien à faire. L’important est de faire tourner l’argent. Nous n’en pouvons plus de cette vision faussement libérale qui est, au contraire, dogmatique et intolérante. Internet n’a pas été créé pour gérer le pognon, mais la finance s’est très vite emparée de cette opportunité pour imposer un modèle électronique qui fait fi de la socialisation de l’individu. Machiavel l’avait bien dit: en isolant le citoyen derrière son ordinateur, on divise pour mieux régner.

Résistez!

Comité rédactionnel de l’essor

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