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Octobre 2020
Virtuala Esperanto-Konferenco I.L.E.I.
Auteur : Mireille Grosjean

Virtuala Esperanto-Konferenco ILEI *

(ILEI est la Ligue Internationale des Enseignants Espérantistes)
* V.E.K.I. Le verbe "veki" signifie éveiller en espéranto.

L’expérience de 2020 a montré le grand avantage de contacts par Internet, par des plateformes comme Skype, Zoom ou autre. Les Africains ont pu participer en masse, eux qui n’obtiennent pas de visa pour atteindre l’Europe ou l’Amérique du Nord et n’ont pas les finances pour payer de chers billets d’avion. Donc chacun a pu éprouver le sentiment d’appartenir à la grande famille humaine.

Les congrès avec voyage et rencontre regroupent de 100 à 200 participants. Celui de 2020 a vu arriver 350 inscriptions. Déjà ce chiffre est un succès. La variété du programme en était un autre, vu que seules deux conférences ont été répétées durant la semaine, sinon à chaque moment les participants recevaient un nouveau bouquet d’informations et de stimulations à la réflexion.

Une semaine devant son ordinateur, avec des conférences et des débats de 05.00 à 23:59 (UTC + 2, heure suisse) couvrant tous les fuseaux horaires. La première session, appelée «coucher de soleil californien» s’étendait de 05:00 à 10:00. La deuxième session était le «plat principal», de 15:00 à 20:00, à un moment favorable à l’Afrique et à l’Europe. La troisième session de 22:00 à 23:59 s’appelait le «Lever du jour asiatique» et commençait par une séance de yoga japonais pour se mettre en forme en début de journée… Les participants devaient donc se mettre en condition (physique et mentale), se décentrer de leur heure locale. Idem pour les saisons: en juillet, le sud est en hiver, on voyait les participants brésiliens et argentins emmitouflés devant leur ordi.

Une journée était dédiée à l’enseignement de l’Espéranto et de l’interlinguistique dans les universités, dix conférences de haut niveau ont été diffusées, soit en direct, soit préenregistrées. Une autre journée traitait de la pédagogie. Une autre présentait des langues. Là, j’ai pu présenter une comparaison entre deux langues planifiées, l’Espéranto et le Rumantsch Grischun, ainsi que le Café des Langues que j’organise depuis 2016 à La Chaux-de-Fonds.

L’espéranto, c’est le plus sûr, le plus rapide véhicule de la civilisation.
– Jules Verne

Un congrès comprend selon l’usage une soirée nationale, où les participants découvrent le folklore et les traditions du pays d’accueil. Comment transposer cela dans un contexte virtuel et mondial? J’ai écrit une «réflexion planétaire» que j’ai filmée dans la forêt près de mon village des Brenets… Pouvons-nous comparer notre patriotisme ou amour de notre pays avec notre attachement à la Planète Terre, notre désir de la protéger et de la défendre… Comment se passe cette évolution du patriote au citoyen du monde…

Vu la date du 6 août 1945, date de la bombe atomique sur Hiroshima, il fallait mentionner cette catastrophe et se souvenir. J’ai reçu une contribution de mon amie Taeko de Hiroshima, qui est officiellement représentante des souffrances d’une dame coréenne (la ville a mis sur pied de telles paires de citoyens des deux pays anciennement ennemis). Il fallait une introduction historique que j’ai présentée, et une postface pour montrer l’importance du souvenir et de l’enseignement de l’Histoire. Un programme en trois parties d’une durée de deux heures qui a touché les participants. Ce programme a été répété le 6 août durant le congrès virtuel de l’Association Universelle d’Espéranto.

Mon sentiment à la fin d’un congrès virtuel: il est étrangement semblable à celui qui suit un congrès avec rencontre physique. On est fatigué, plein de nouvelles informations et stimulations, on a revu des amis et rencontré de nouvelles personnes. Les sourires, les dialogues, les yeux qui brillent, tout cela passe par les ondes à travers les câbles marins d’Internet. Il manque les mains sur l’épaule, les accolades, le toucher, le goût et les odeurs.

Un congrès virtuel en 2020 et dès 2021 des congrès hybrides. Cela va permettre à bien des espérantophones empêchés de voyager de participer activement aux débats.

Mireille Grosjean


Voir l’article d’Arcinfo du 27 juillet 2020, page 5.
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