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Juin 2020
Qui paiera les milliards que coûtera le coronavirus?
Auteur : Comité rédactionnel de l’essor

Le coût sanitaire et économique de la crise du coronavirus se chiffrera pour la Suisse à des dizaines de milliards de francs. Les réserves des caisses maladie sont confortables, les finances du pays sont saines et la Banque Nationale Suisse a engrangé en 2019 un bénéfice de 48 milliards de francs.

L’argent existe donc dans notre pays. Il est malheureusement très inégalement réparti, la misère prend de l’ampleur (800.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté) et des milliers de personnes n’ont plus rien à manger. Le récent cortège d’un kilomètre en ville de Genève de femmes et d’hommes venus quémander de la nourriture est indigne d’un des pays les plus riche du monde.

Les dirigeants des grandes entreprises feront du chantage: si vous voulez qu’on ne supprime pas des emplois, acceptez de faire des sacrifices! Et il est à craindre que ce langage soit compris car, comme le dit le titre d’un livre du rédacteur responsable de l’essor, la Suisse est un peuple de moutons. Il est donc nécessaire que la pression populaire soit forte pour que chacun contribue à aider financièrement le pays et les entreprises selon les moyens dont il dispose.

Aussi bien la Confédération que les cantons ont récemment baissé la fiscalité de manière importante. Avec une partie de l’argent ainsi économisé, on pourrait créer un fonds de solidarité géré paritairement par la Confédération (ou les cantons), les milieux patronaux et les syndicats. On pourrait aussi demander un effort aux contribuables qui possèdent une grosse fortune. Et ne faisons pas peur aux gens en invoquant l’exode fiscal car tous les millionnaires du pays devraient passer à la caisse, quel que soit le lieu de leur domicile. Le Conseil fédéral a aujourd’hui tous les pouvoirs. Saura-t-il les utiliser pour promouvoir une véritable solidarité? Ou va-t-il une nouvelle fois invoquer le fédéralisme pour ne rien faire?

Les indépendants et les entreprises demandent l’aide de l’Etat, comme l’ont fait avant eux Swissair et l’UBS. Mais pourquoi faut-il toujours faire appel à la collectivité alors que, quand la conjoncture est bonne, on verse des dividendes somptuaires aux actionnaires et on prive l’Etat des ressources dont il a besoin pour accomplir ses tâches? Il faut que l’après coronavirus permette de se consacrer à deux grands problèmes: la protection du climat et la réduction du fossé entre les riches et les pauvres.

Comité rédactionnel de l’essor

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