Logo Journal L'Essor
2019 2018 2017 2016 2015 2014 2013
2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006
et 100 ans d'archives !
Rechercher un seul mot dans les articles :
Article suivant Numéro suivant
Numéro précédent Article précédent   index de ce numéro

Décembre 2018    [61]
Utopie? Pas vraiment!
Auteur : Élise Moraz

Témoignage d’Elise Moraz, 19 ans, étudiante en géographie et sciences de l’environnement à l’Université de Fribourg (recueilli par Yvette Humbert-Fink).

Le festival AlternatYv est organisé par une trentaine de jeunes, à Yverdon-les-Bains, généralement pendant le week-end du Jeûne fédéral, depuis 3 ans. La première édition était en 2016, la deuxième en 2017 et la troisième il y a quelques semaines au Château d’Yverdon-les-Bains et sur la place Pestalozzi.

Ce festival, qui était au départ organisé par le Conseil des Jeunes d’Yverdon-les-Bains, est maintenant le plus grand projet de l’association AlternatYv, qui a pour but de sensibiliser la population aux problèmes actuels liés à l’environnement et surtout de leur donner des solutions ou de leur montrer comment faire pour changer de petites choses dans leur quotidien qui feront une différence. Cette année, pour la troisième édition, nous avions choisi le thème suivant: «Les transports et le voyage en accord avec l’environnement».

C'est dans les utopies d'aujourd'hui que sont les solutions de demain.
– Pierre Rabhi

Nous ne nous sommes pas limités à ce thème mais nous avons proposé plusieurs films et conférences qui s’y rattachent; durant le festival il y a aussi des concerts, des stands et des ateliers comme par exemple un atelier de «lombricompost» permettant d’avoir une petite «usine» à compost à la maison, les vers compostant les aliments sans aucun dégagement d’odeur. Nous avons aussi organisé des balades à travers la ville à la recherche de graines à récolter et de plantes sauvages à découvrir proposées respectivement par Les Incroyables Comestibles et l’association Ça Pousse. Pour cette troisième édition, en collaboration avec l’association Les Héros Ordinaires et L’Agenda 21, nous avons eu la chance de projeter la première du court-métrage «Héros Ordinaires Yverdon-les-Bains» et de discuter de tous les projets et idées qui ont été pensés par ces citoyens qui œuvrent pour le développement durable.

Cependant, ce festival n’est pas le seul projet de notre association; nous avons aussi un groupe appelé «Pôle d’Action», ouvert à tous, au sein duquel nous menons différents projets dans la région d’Yverdon-les-Bains. Nous avons par exemple mis en place une Boîte à Partage dans le passage des Remparts, un potager dont nous nous occupons avec des familles migrantes et bien d’autres projets.

Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire.
– Dom Helder Camara

Personnellement, j’ai été éduquée dans un milieu plutôt écologiste où j’ai appris par exemple à manger bio, trier mes déchets, ne pas gaspiller, que ce soit la nourriture, les objets ou encore l’électronique, et cette problématique de l’environnement est restée très importante pour moi. C’est ainsi que, lorsque j’ai appris, il y a 3 ans, que le Conseil des Jeunes d’Yverdon-les-Bains organisait un festival en lien avec l’écologie, j’ai été séduite par l’idée de ce projet et me suis engagée. Je pense qu’en tant que jeune, c’est important de faire quelque chose, de montrer qu’on s’intéresse à cette problématique et d’essayer de sensibiliser le plus de monde possible à ces problèmes dont on parle de plus en plus. C’est en se mettant ensemble qu’on peut réussir à changer, car tout seul chez soi, on peut vite avoir l’impression que cela ne fera pas la différence. Et comme le disait Margaret Mead «Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. En réalité c’est toujours ce qui s’est passé».

Je n’ai pas peur pour le futur de notre planète car elle en a vu d’autres et s’en est toujours sortie mais je me fais plus de soucis pour l’humain. On ne sait pas vraiment vers quoi on se dirige, ni ce qui va arriver à l’espèce humaine, à la nature ou aux animaux et c’est un peu déboussolant. Certes, la technologie pourra régler certains problèmes que nous pourrions rencontrer mais certaines issues semblent inévitables. Tout au plus peut-on ralentir le processus qui s’est mis en marche. Tout est en train de changer et l’humain devra s’adapter même si notre constitution biologique peut difficilement le faire aussi rapidement: humains, animaux et plantes pourront-ils suivre ce rythme toujours plus rapide influencé par l’activité humaine?

On a traité de rêveurs et d’utopistes tous ceux qui, dans l’Histoire, ont fait bouger les choses.
– Abd al Malik

Est-ce que les actions que l’on mène au sein de l’association AlternatYv sont des utopies? Je ne le pense pas mais l’utopie nous donne quand même du courage pour essayer de changer le présent! Heureusement, dans le monde, de nombreux groupes œuvrent aussi pour le développement durable et cela nous donne la force de continuer. C’est en essayant, en menant des projets à bien que, de plus en plus, on arrive à savoir pourquoi on le fait et comment aller encore plus loin dans cette sorte de combat.

Pour soutenir ou faire partie de l’association, ou simplement être au courant de leurs projets: alternatyv.ch
Pour leur écrire: festival @ alternatyv.ch

Élise Moraz et Yvette Humbert-Fink,
Yverdon-les-Bains

Espace réservé : Rédaction
© Journal L'Essor 1905-2019   |   Reproduction autorisée avec mention de la source et annonce à la Rédaction  |       Corrections ?