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Avril 2018    [1]
Les élus doivent susciter la confiance
Auteur : R.Cosandey & E.Salamin-Amar

En 1978, André Hofer, réviseur à l’administration cantonale neuchâteloise des contributions, publiait un livre intitulé «La fraude fiscale en Suisse». Il exprimait son indignation face aux injustices qui découlent de la fraude fiscale et face à la complaisance ou à l’indifférence des milieux politiques dominants. Il proposait une série de moyens qui, selon lui, sont indispensables à une lutte efficace contre les fraudeurs.

Quarante ans plus tard, les choses n’ont pratiquement pas changé. Malgré quelques amnisties, la fraude est toujours aussi importante. Grâce au secret bancaire et à une législation insuffisante, le scandale continue. En Europe, la fraude, l’optimisation et l’évasion fiscales représentent un manque à gagner d’environ 100 milliards de francs par année. Et les gouvernements, qui ont la frousse de demander une contribution équitable aux riches, imposent des sacrifices inadmissibles aux plus démunis.

Les déclarations d’impôts de deux éminents politiciens vaudois, qui ont récemment fait l’objet de reportages dans les médias, remettent le problème au coeur de l’actualité en Suisse. Nous ne voulons pas la mort du pécheur et de la pécheresse mais nous estimons que les élus doivent être au-dessus de tout soupçon. Ils peuvent être de tendances politiques différentes mais ils doivent susciter la confiance de la population.

Contrairement à Jérôme Cahuzac et à de nombreuses autres crapules, pour nous Pascal Broulis et Isabelle Moret ne sont pas des fraudeurs. Mais on peut leur reprocher d’avoir fait preuve d’une légèreté coupable, attitude qu’ils n’ont pas le droit de se permettre à l’égard de leurs électeurs et de l’ensemble des contribuables.

Dans son ouvrage, André Hofer exigeait la suppression du secret bancaire vis-à-vis de l’administration fiscale, l’autonomie des autorités fiscales et le prélèvement de l’impôt à la source. Si ces propositions étaient appliquées, il n’y aurait pas d’affaires Broulis et Moret.

S’il se confirme que le conseiller d’Etat a gagné quelques milliers de francs en faisant de l’optimisation fiscale (le taux de Sainte-Croix est inférieur à celui de Lausanne), nous lui suggérons de les verser à une œuvre d’utilité publique en faveur des plus pauvres.

Derniers points: il est indispensable d’avoir un taux fiscal plus progressif, de supprimer des taxes antisociales et de les remplacer par des impôts, enfin d’engager des inspecteurs fiscaux supplémentaires qui ne sont pas des charges de personnel mais des investissements qui rapportent. L’équité et la justice sociale sont à ce prix.

Rémy Cosandey & Emilie Salamin-Amar

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