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Avril 2017 
Une formule mathématique encore à trouver
Auteur : Pierre Aguet

Depuis la nuit des temps, les hommes essayent de comprendre le fonctionnement de l’univers. Des avancées spectaculaires ont été réalisées lorsque de grandes civilisations se sont imposées tant en Chine, qu’en Perse, qu’au Moyen-Orient et qu’en Europe. Grâce aux ordinateurs, les réponses à nos mille questions s’accélèrent en ce 21e siècle. Méthodiquement, ces découvertes ont été formulées en équations mathématiques. Elles se sont additionnées et compliquées au point que les femmes et les hommes qui les maîtrisent sont obligés de se spécialiser dans une foule de disciplines scientifiques parfois étanches.

Il y a des formules mathématiques qui sont essentielles mais qui laissent de marbre plus de 99% de l’humanité. Après avoir répété la formule d’Einstein sur la relativité, je n’ai jamais essayé de l’expliquer. E=mc2. Essayez vous-même.

Les savants arrivent à la conclusion que tous les phénomènes répondent à des règles précises. Je pense à la gravitation expliquée depuis plusieurs siècles. Ils vont jusqu’à prophétiser la fin du hasard (L’Espoir du Monde n° 158, Les savants l’appellent l’Ailleurs). Une thèse de mathématique va même jusqu’à prouver que les hommes ne seront jamais en mesure de les connaître toutes. Elles ont été établies par un «Ailleurs» avant même le big-bang.

Ces considérations rappelées, je voudrais exprimer ici l’intuition qu’une règle mériterait que les savants l’examinent avec leurs lunettes scientifiques. On peut observer toujours l’extraordinaire générosité de la nature, la vitalité de la vie contenue dans la plus petite graine, les milliards de graines fournies chaque saison par toutes les plantes vivantes, les milliards de spermatozoïdes et d’ovules produits par les espèces animales pour assurer la continuité de la vie, les milliards de fruits proposés chaque année. Tout cet univers est d’une générosité infinie. De plus, cet univers continue à s’étendre. Essayez de compter les étoiles.

À l’instar de tout ce qui vit, l’homme doit faire preuve de générosité. C’est le sens même de la vie. S’il n’est qu’égoïste, il sort de la logique générale. Les êtres humains qui ont donné des milliards de fruits au cours de leur vie sont nombreux. Pensez à quelques grands noms comme l’abbé Pierre ou plus près de nous Edmond Kaiser. Pensez à tous vos amis et voisins si vite prêts à rendre service, à aider dès qu’ils le peuvent, à donner du temps et même leur chemise.

N’y a-t-il pas là une règle aussi importante que celles qui concernent la relativité ou la gravitation et qui mériterait d’être formulée de manière scientifique? Une équation expliquerait mathématiquement ce qu’est l’amour, cette règle qui régit si bien tout ce qui est harmonieux dans ce monde, mais règle qui est sans cesse freinée, enrayée et contredite par une maladie difficile à éradiquer: l’égoïsme.

Un homme qui est sans cesse au service de son prochain et un pommier qui offre de grands cageots de pommes obéissent à la même règle universelle. Il faudrait que le FNSR (Fonds National Suisse de la Recherche) s’intéresse à la décrire et à la formuler en termes mathématiques. J’en suis parfaitement incapable. La foi chrétienne a bien mis l’amour au-dessus de tout. Mais elle est une foi révélée. Il lui manque la caution scientifique qui a tant de prix dans notre humanité du 21e siècle.

Pierre Aguet

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