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Décembre 2016 
La dictature du commerce international
Auteur : Colette Hein Vinard + Rédaction

Une de nos fidèles lectrices, Mme Colette Hein Vinard, de Montezilon (Neuchâtel), vient d’écrire une lettre à M. Johann Schneider-Ammann, président de la Confédération, avec copie à tous les membres du Conseil fédéral. En raison de l’importance du problème qu’elle soulève – et que nous partageons pleinement – nous reproduisons cette lettre in extenso à titre d’éditorial de ce numéro.


Je me permets de vous écrire au sujet des très controversés accords de libre-échange TTIP et TiSA. Je sais de la bouche d’une conseillère nationale qu’Economiesuisse et vous-même souhaitez vivement signer ces accords.

Je ne vais pas refaire la liste de tous les points litigieux: c’est de notre système de démocratie directe dont je me soucie au plus haut point. Notre pays, malgré toutes les divergences de vue entre régions alémaniques et romandes, tient ensemble depuis des siècles grâce à ce remarquable modèle de gouvernement, et en particulier à l’autonomie cantonale.

Les traités TTIP et TiSA menacent dangereusement les choix démocratiques du peuple suisse et l’autonomie cantonale, dans de nombreux domaines. Ils ne permettront pas au souverain de s’opposer à la mise sur le marché de nouveaux produits que nous jugerions néfastes, puisque ces produits tomberont automatiquement sous le coup des réglementations TTIP/TiSA.

Monsieur le Président, comment justifiez-vous, au nom du libre-échange, de bafouer les décisions démocratiques du peuple suisse, et de le priver de se positionner dans l’avenir face à de nouveaux produits? Comment peut-on vouloir signer des accords qui donnent une telle puissance aux multinationales et autres grandes entreprises, plaçant ainsi l’économie au-dessus des lois votées par le souverain?

Ne mettons pas en avant les postes de travail que ces échanges sont supposés créer, c’est une illusion: toutes les entreprises cotées en bourse ont comme objectif prioritaire la réduction du nombre d’employés…

Je ne suis pas opposée aux échanges commerciaux, mais je suis très inquiète pour notre démocratie, et les avancées que nous avons votées en matière de protection de l’environnement, par exemple. Ce n’est rien moins que notre autonomie et notre liberté de choix qui sont mises en jeu! Je vous en prie, ne livrez pas le peuple suisse à la dictature du commerce international, quel qu’en soit le profit immédiat.

Voir aussi :
Les multinationales préparent l’apocalypse (page 10 de l'essor, décembre 2016)
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